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Fusion PSA / Fiat Chrysler et réforme de l’assurance-chômage : Décryptage pour BFM Business

Décryptage de l'actualité économique par Coriolink pour BFM Business - Fusion PSA - Fiat Chrysler et réforme de l'assurance-chômage

 

Le 31 octobre dernier, Jacky Isabello, co-fondateur de l’agence Coriolink, était invité sur le plateau de l’émission Inside présentée par Karine Vergniol sur BFM Business. Aux côtés de Henri Sterdyniak, économiste membre des Economistes atterrés et d’Arnaud Pochebonne, directeur général d’APCO Worldwide, l’expert en communication a livré son analyse sur les grands sujets économiques de la journée. Au programme : fusion PSA / Fiat Chrysler et réforme de l’assurance-chômage.

 

Concernant l’annonce du projet de fusion entre le français PSA et l’italo-américain Fiat-Chrysler, deux géants de l’industrie automobile, Jacky Isabello analyse :

« Il y a deux aspects concernant cette officialisation. Il y a la communication mais également et surtout l’information financière. S’il est effectivement possible d’orchestrer une sortie médiatique afin de magnifier cette histoire, l’information financière dépend d’une règlementation assez sévère et il n’est donc pas possible d’avoir des stratégies de mise en scène. Dans cette perspective, je déplore la manière dont les marchés ont dégradé la valeur de Peugeot. Arnaud Pochebonne évoquait tout à l’heure une fusion entre « égaux », je vois surtout qu’il s’agit de deux entreprises ayant pour spécificité un capitalisme familial encore très puissant, qui ont décidé de se mettre d’accord, au-delà des différences – y compris capitalistiques (Peugeot aux alentours de 10%, beaucoup plus pour la famille Agnelli) – indéniables et très importantes. Le calcul de parité provient essentiellement de là et il faut se féliciter de cette fusion. Le marché de PSA est essentiellement européen, celui de Fiat-Chrysler est beaucoup plus internationalisé avec une forte présence aux Etats-Unis notamment, mais in fine cela constitue une belle histoire européenne. Nous déplorons en permanence l’absence de champions européens : or, avec cette annonce, nous avons deux belles entreprises ayant des racines européennes qui décident de fusionner. Dans un contexte de forte perte des emplois industriels depuis bien longtemps, cette actualité nous rappelle la vivacité toujours présente dans ce secteur et cela est extrêmement exaltant ».

 

A la veille de l’entrée en vigueur des premières mesures de la réforme de l’assurance-chômage, l’expert en communication explique pourquoi il juge cette transformation nécessaire :

« Je me permets de changer de casquette puisque j’ai été pendant près de 4 ans administrateur de Pôle emploi au titre du mouvement patronal qu’est le MEDEF. La perte d’emploi est une situation extrêmement désagréable et la mission qui doit être fixée est de pérenniser ce système-là, qui fait partie de notre pacte social. C’est pourquoi les comptes de l’Unedic doivent être en bonne santé financière. Il se trouve que l’économie est en train de redémarrer et c’est donc une fenêtre opportune pour consolider cet outil qui a besoin d’être extrêmement puissant si une situation comme la crise de 2008 venait à se reproduire. Il faut que dans ces cas-là, en cas de besoin, l’Etat puisse tout mettre en place (allocation de retour à l’emploi, des financements cumulés aux financements européens pour la formation européenne…) afin de secourir les gens, ceux le nécessitant. Effectivement, il y a des désaccords ; il suffit d’écouter les différentes parties prenantes pour s’en rendre compte. Michel Beaugas [secrétaire confédéral de FO chargé de l’emploi] expliquait à l’antenne hier à quel point ces mesures sont peu pertinentes tandis que l’industrie de l’intérim explique qu’il y a effectivement un problème avec un certain nombre d’emplois non-pourvus et des individus qui abusent du rechargement de leurs droits. C’est bien parce-que le sujet est « clivant » qu’il est nécessaire de donner une grande ligne qui est que l’outil doit être extrêmement performant. L’on dit souvent que le changement de stratégie d’une entreprise doit intervenir lorsque cette dernière se porte bien. L’idée est la même dans le cas présent : l’économie redémarre, il convient d’agir. Par ailleurs, je rejoins Henri Sterdyniak lorsqu’il a dit tout à l’heure qu’avec cette réforme du financement de l’assurance chômage par le basculement d’une partie des cotisations vers la CSG, c’est-à-dire un impôt, après la suppression de la part salariale, le principe originel « d’assurance-chômage » n’est plus tout à fait véridique. »

 

Pour autant, cette réforme tant attendue n’est pas à la hauteur de toutes les attentes, notamment pour les entrepreneurs :

« Le vrai signal d’une réforme inaboutie réside dans la création d’un nouveau droit à l’allocation qui permettra à certains entrepreneurs, qui n’ont pas le droit à une allocation chômage parce-que travailleur indépendant, de bénéficier d’approximativement 800 euros dès lors qu’ils sont placés en liquidation judiciaire. Cette somme n’est pas énorme et pourtant les conditions pour en bénéficier posent question. Comme l’a rappelé Anthony Streicher, Président de l’association GSC dans l’émission diffusée sur France Inter, Le Téléphone Sonne du 30 octobre, il est notamment demandé à ces personnes de justifier de revenus antérieurs d’au moins 10 000 euros par an alors même que la première chose que fait l’entrepreneur en cas de difficulté, est de réduire son salaire. En d’autres termes cette réforme est un début mais elle n’est pas la hauteur des grandes promesses faites pendant sa campagne par le candidat Macron et des attentes qui ont découlé pour une partie de nos concitoyens. »

 

Fusion PSA / Fiat Chrysler et réforme de l’assurance-chômage :

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