Notre blog

Coronavirus, un défi en pleine crise de l’attention

 

 

La communication de crise du Coronavirus arrive dans un contexte de défiance de la population. Cette défiance envers les institutions gouvernementales est relative à la mauvaise utilisation des réseaux sociaux (Fake News, violences, Trolls…). Cette situation pousse progressivement la démocratie d’opinion vers une démocratie de l’attention où la population place sa concentration sur des phénomènes plus que d’autres, constate Jacky Isabello, co-fondateur de l’agence de communication CorioLink, dans sa tribune pour Le Monde. Sommes-nous toujours rationnels ? Et qu’en disent les économistes spécialistes de ses sujets ?

 

 

 

 

Débats et opinion publique

 

Lorsque éclate une crise de l’ampleur de celle de l’épidémie de Covid-19, restons-nous rationnels ? Sommes-nous prêts à entendre et à comprendre ce qui est réellement proféré ? Et non pas les propos que nous fantasmons ou que les « médias » sociaux falsifient.

 

Extrait. « Les débats entre experts médicaux, journalistes, responsables politiques et commentateurs, font apparaitre deux équipes. La team rouge des « on veut nous faire peur », et la team bleue des « on nous cache tout, on nous manipule pour dissimuler des intérêts supérieurs ». Cette question est primordiale pour ceux qui pilotent la « communication sur les risques en situation d’urgence ». En effet, il s’agit de conserver la confiance des populations alors qu’une émotion grandissante gagne les foules. Or, un trop plein d’émotions empêche la rationalité de prévaloir.

 

Démocratie et rapports sociaux

 

Le risque est de voir l’utilisation néfaste des réseaux sociaux dans l’espace public faire muter nos démocraties d’opinion. Elles tendraient à  un modèle de démocratie de l’attention, dans laquelle les rapports sociaux violents deviennent la norme.

 

Extrait. « Yves Citton, directeur de recherche au CNRS et auteur de L’Economie de l’attention. Nouvel horizon du capitalisme ? (La Découverte, 2014), explique que les questions attentionnelles sont au cœur des conflits sociaux. Notamment car nos régimes d’attention sont intrinsèquement liés à nos régimes de valorisation. Il nomme cela un « cercle incestueux » : je fais attention à ce que j’ai appris à valoriser, et je valorise ce à quoi j’ai appris à faire attention. Nul besoin d’indiquer que notre santé, et notre survie, sont éligibles à cette dynamique circulaire de l’attention et de la valorisation. ».

 

Retrouver l’intégralité de la tribune sur Le Monde