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Jacky Isabello décrypte pour France Info la conférence de presse d’Emmanuel Macron

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Vendredi 26 avril 2019, Jacky Isabello, expert en communication politique décrypte pour France Info la conférence de presse d’Emmanuel Macron à l’issue du grand débat national. Il est l’invité d’Ersin Leibowitch aux côtés de Simon Lebaron journaliste politique et de Thomas Snégaroff, historien, tous deux à France Info.

 

Notre expert a d’abord analysé la communication politique du chef de l’Etat usant du registre de l’humain lors de sa prestation le 25 avril :

 

« J’ai trouvé cela assez étonnant, car les enquêtes ont montré qu’après le début de la crise des gilets jaunes Emmanuel Macron a d’abord été dans la contrition ce qui lui a valu des critiques de son électorat. Il a donc changé de méthode et à la fin du mois de décembre, il a décidé de remettre un costume plus habituel celui de « l’autorité jupitérienne ».

Lors de cette conférence de presse, Emmanuel Macron a expliqué que cette crise l’avait profondément changé. Selon Jacky Isabello, à cette posture du « j’ai changé » inspirée par une précédente interview de Nicolas Sarkozy, aurait dû être associée à l’attitude du Général De Gaulle lorsqu’il prononce sa cultissime phrase « je vous ai compris ».

 

Jacky Isabello s’est ensuite exprimé sur le fond des annonces du chef de l’état.

Il juge sincère la prestation du chef de l’Etat :

« Lorsqu’Emmanuel Macron s’exprime sur l’affaire Benalla a qu’il dit avoir donné sa chance pour ensuite avoir été déçu, tout ceci renvoie à de grands moments de sincérité et d’authenticité non feints rehaussés par de longs silences ».

 

Toutefois, pour notre expert, l’homme politique doit se prêter à cet exercice pour séduire son électorat. Parce que la France est fracturée, Emmanuel Macron doit représenter celui qui rapproche ceux qui sont divisés. Sa difficulté est donc d’être à la fois jupitérien et gaulliste.

 

Ensuite, Jacky a analysé la prestation du chef de l’état sur la forme

 

L’horaire de diffusion de la conférence de presse à 18h a été choisi méticuleusement. L’objectif était de tenir sur la durée sans forcément rentrer dans le détail, auquel cas le chef de l’Etat aurait risqué d’empiéter sur le domaine du gouvernement et de communiquer avec imprécision.

« La mise sur l’agenda médiatique de cette adresse à la presse a permis à Emmanuel Macron de capter l’attention sur une longue séquence. Il a même réussi à perturber le lancement du sacro-saint journal de 20h, hormis le journal de TF1, les autres médias ont gardé l’antenne, y compris France 2 en décidant de ne pas mettre à l’antenne Anne-Sophie Lapix.»

 

Toutefois, pour Jacky Isabello il faut quand même retenir de cette séquence une grande défaillance

 

La porte-parole du gouvernement, Mme Sibeth Ndiaye nous avait dit, « plus rien ne sera comme avant » l’audience attendait dans les annonces du Président l’effet « waouh », l’effet de surprise.  E. Macron a pêché en n’accompagnant pas ses mesures d’annonces concrètes et chiffrées, notamment concernant les baisses d’impôts annoncées et les personnes touchées par celles-ci.

 

« J’en veux pour preuve, que les titres de la presse quotidienne régionale, le lendemain, non rien repris sur ce point majeur de la baisse des prélèvements. Aucun chiffre !»

 

D’ailleurs, c’est Bruno Le Maire qui a dû éclaircir la position du Président dès le lendemain. Plus précis le ministre de l’Economie à indiqué des chiffres et le nombre de foyers concernés par ces baisses.

Cette imprécision ternit quelque peu cette séquence car il permet la dispersion des commentaires, et notamment sur les chaînes d’information en continue.

 

Jacky Isabello analyse la forme de la conférence de presse. Selon lui, elle a été maîtrisée.

 

« Globalement, le chef de l’état a bien réussi cet exercice, par l’utilisation de références historiques et le fait de s’être abstenu de petites phrases qui peuvent parfois venir polluer son message. En revanche, le timing n’a pas été suffisamment respecté ce qui a rendu parfois inaudible la prise de parole d’Emmanuel Macron. L’Elysée avait annoncé 20 minutes de discours introductif qui se sont finalement transformées en 1h .»

Par ailleurs, les termes utilisés par le chef de l’état étaient parfois hors-propos :

« Emmanuel Macron s’est mis à philosopher en utilisant le mot « ordalie » ce qui signifie prendre une décision et la soumettre à la justice divine. Des termes qui objectivement, n’ont pas leur place dans une conférence de presse. »

 

Enfin, Jacky a analysé la réponse d’Emmanuel Macron sur son éventuelle candidature à la prochaine élection présidentielle  :

 

Lorsqu’Emmanuel Macron décide de ne pas répondre à propos de la prochaine échéance de 2022, l’effet recherché est de s’installer dans le grand costume de l’homme d’Etat, c’est-à-dire celui qui se place au-dessus de la prochaine échéance électorale de 2022. Il voit plus loin que son propre mandat. Parler de la France, et de son histoire sans aucune référence électorale permet de s’en dégager.

 

« Lorsqu’Emmanuel Macron affirme, la prochaine présidentielle je m’en fiche ! cela provoque une certaine surprise de la part des commentateurs que nous sommes. Mais à y voir de plus près et en reprenant les propos du livre d’Anne Fulda* sur le Président, on se souvient que l’auteur explique qu’en cas d’échec dans l’exercice du pouvoir, Emmanuel Macron pourrait tout à fait quitter la politique pour tout autre chose.»

Pour écouter en intégralité l’intervention de Jacky Isabello

* Emmanuel Macron, un jeune homme si parfait