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MANAGEMENT : Intervention de Jacky Isabello lors du RRH DAY 2019

Jacky Isabello de Coriolink du RRH 2019 (JobsFéric) - Intervention sur le management

MANAGEMENT / Le 4 octobre dernier, Jacky Isabello, co-fondateur de l’agence Coriolink, membre de la Commission Nouvelles responsabilités entrepreneuriales au sein du Medef et ancien membre du Conseil d’administration de Pôle emploi, introduisait l’édition 2019 du « RRH Day » organisée par JobsFéric.fr et animée par Christel Lambolez, directrice de la publication du média organisateur. Tout au long de cette journée, trois tables rondes ont été organisées sur l’évolution des pratiques RH innovantes au service de l’entreprise inclusive et responsable.

L’impératif de l’innovation sociale et managériale

Il a commencé par rappeler que l’innovation sociale et managériale repose sur un double socle : d’une part l’engagement au plus haut niveau de l’entreprise et d’autre part un management du quotidien exemplaire permettant tout à la fois d’attirer les talents, renforcer sa marque employeur et enfin de gagner en compétitivité.

Pourtant, comme théorisé par Gary Hamel, grand gourou du management, les entreprises accordent peu d’intérêt aux coûts invisibles suscités par le mauvais management, ce qui constitue un « désavantage concurrentiel » et ce qu’il appelle une « taxe de management ». C’est bien pourquoi pour Armelle Carminati, Présidente de la Commission NRE du MEDEF, le management à la française, bien qu’il soit bon en théorie, s’avère piètre dans la pratique.

Or, ainsi que l’a expliqué Jacky Isabello pendant son intervention, « ceux qui ont déjà fait le pari de l’innovation sociale et managériale ont des entreprises plus performantes », d’autant plus que ladite innovation implique l’organisation dans la durée et s’applique au quotidien.

L’innovation managériale consiste à répondre à cinq grands enjeux essentiels pour tout dirigeant :

– développer plus d’agilité pour le client ou face au concurrent ;

– renforcer la vitalité des équipes pour propulser davantage encore l’entreprise ;

– promouvoir la collaboration et la cohésion ;

– instaurer des relations basées sur la confiance ;

– améliorer l’engagement et la fidélisation.

De nouveaux outils pour un management moderne

Dans la plupart des organisations, l’innovation se produit « malgré le système » et non « grâce à lui » (Gary Hamel). Dans ce contexte, quels sont les instruments de management innovants à utiliser pour tout dirigeant soucieux de garder ou de recruter les meilleur(e)s collaborateurs (trices) ?

Jacky Isabello prône l’essaimage, outil stratégique de management des opportunités de croissance et des aspirations des collaborateurs partenaires. La création d’entreprise a changé de statut depuis maintenant une vingtaine d’années. L’entrepreneuriat, qui était vu comme une sorte de mal endémique, est désormais de plus en plus encouragé. L’essaimage consiste pour des entreprises à accompagner leurs salariés dans leur volonté de créer une entreprise, d’entreprendre. Plusieurs entreprises ont été très vertueuses de ce point de vue-là, comme La Poste ou encore Sanofi.

L’accélération de plus en plus rapide de la transformation numérique dans les organisations impose à la plupart des grands groupes, si ils souhaitent suivre les évolutions technologiques qui filent à vive allure, de considérer un collaborateur potentiellement créateur d’entreprise comme une opportunité de créer de la valeur ou de ne pas passer à côté de l’innovation du siècle (rappelons-nous du cas de Microsoft vis-à-vis de IBM ou encore de Google qui avait proposé à Yahoo sa technologie). Il est impératif de considérer l’essaimage comme un outil RH offensif et stratégique, il en va de la survie de certaines entreprises. Mais nous restons optimistes car rares sont les groupes aujourd’hui qui n’ont pas de Lab, Pépinière, Think tank, espace de coworking ou de matériel d’imprimante 3D… et qui, osons la provocation, rénovent un tant soit peu leurs façades à partir d’une peinture mélangeant un zest de « lean management » ou encore une dose suffisante de « design thinking » ; deux techniques pour repenser la façon de travailler et de penser dans une organisation installée dans sa routine.

« Il faut en finir avec la dictature du salariat »

Pourquoi pensez-vous que Geoffroy Roux de Bézieux, à la tête du MEDEF, refuse d’être appelé « Patron des patrons », préférant le terme de « porte-parole » des dirigeants ? Derrière le patronat se dessine une nouvelle notion essentielle : le leadership, les leaderships.

Le management ne doit plus s’arrêter aux seules frontières du statut de salarié de l’entreprise. L’avenir est à l’explosion de ces frontières et donc à l’entreprise étendue. Il faudra retenir les talents ainsi que les expertises grâce aux leviers de ladite entreprise étendue. Il est et sera nécessaire de raisonner en écosystème. L’entreprise liquide, pour reprendre le célèbre concept du sociologue Zygmunt Bauman, s’ouvre à cela et trouve ainsi les moyens de garder les talents les plus entreprenants.

Jacky Isabello a terminé son intervention ainsi : « Le bon management est une forme de leadership empathique à valoriser car comme vous le savez de moins en moins de jeunes veulent devenir manager ». « Adieu au Patronat », de Maxime Quijoux, sociologue et chercheur au CNRS, est l’un des ouvrages primés dans le cadre du Prix du livre RH créé en 2000 par Syntec Recrutement en partenariat avec Le Monde et Sciences Po. L’essaimage porte en germe cette injonction. Plus encore, on pourrait conclure ainsi : « Le patronat est mort, vive les leaderships ».